retrouvailles

Retrouvailles (2012)

Date de sortie : 1 janvier 2012
Format : CD

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Réalisés suite à une commande photographique autour de l’écrivain et critique d’art Bernard Lamarche-Vadel, les onze titres de cet album ont été, à l’origine, composés pour accompagner une exposition de Nicolas Comment intitulée La visite et qui donna lieu à la publication d’un ouvrage photographique en 2010 aux éditions Filigranes.

Retrouvailles est l’adaptation musicale in extenso d’un recueil de poèmes de Bernard Lamarche-Vadel publié aux éditions Unes en 2000 et extrait d’un livre depuis lors épuisé : De la douce hystérie des Bilans.

L’album est né dans une petite maison sur les hauteurs de Vitré, en Mayenne :

Nicolas Comment : « Nous nous sommes enfermés une semaine dans une petite maison prêtée par l’artothèque de Vitré, avec le strict minimum. Comme si nous étions en retraite dans un monastère…C’est sans doute cette austérité qui nous a poussé à composer ces musiques très simples et minimalistes »

Xavier Waechter : « On se connaît par cœur avec Nicolas. Depuis son premier E.P. (Est-ce l’Est ?), je travaille avec lui. Notre complicité était donc totale. Nous avons travaillé jour et nuit en faisant simplement quelques promenades pour prendre l’air de temps en temps».

Nicolas Comment : « La musique est une sorte de folk électro, c’est à la fois boisé et synthétique. L’album est composé de tourneries très simples qui s’enroulent sur elles-mêmes, comme dans la musique répétitive… J’écoutais pas mal Michael Rother (ex Neu !) à l’époque et je me suis rendu compte qu’il y avait aussi des réminiscences de René Aubry sur certains titres, des choses que j’écoutais à 15 ans… »

Xavier Waechter : « Je préfèrerais pour ma part évoquer Steve Reich et Philip Glass… Mais c’est ça. C’est un album minimaliste avant tout. Minimaliste et répétitif »

Nicolas Comment : « Je prenais le livre et lisais directement le texte dans le micro sans préparatifs. Je déchiffrais les poèmes au même moment que je les enregistrais. Je ne cherchais pas à comprendre leur signification mais plutôt à traduire leur rythmique. C’était passionnant. Je me sentais comme un voleur de mots. Je m’emparais d’eux. »

Xavier Waechter : « Nicolas a insufflé son propre flow aux textes de BLV, jusqu’à les faire siens ».

Nicolas Comment : « Oui, BLV a écrit ces textes une dizaine d’années avant de se tuer dans son lit, et dans ce recueil de poèmes, on sent poindre déjà les idées de suicide : « Coquelicot sur sa tempe », par exemple, il faut le comprendre un peu comme la fin du Dormeur du val de Rimbaud, la tache rouge sur le côté droit… »

Xavier Waechter : « Ces textes noirs sont pourtant lumineux : leur noirceur miroite et brille un peu comme des toiles de Soulage… ».

Nicolas Comment : « Je me suis rendu compte seulement après coup que ces textes étaient magnifiques. Il fallait les donner à entendre pour qu’ils se révèlent un peu comme une photographie. Il fallait les « développer » musicalement pour les comprendre. Je crois que c’est le propre de la poésie : les choses ne sont jamais données d’emblée ».